Al Bader Group lance un projet de production laitière au Burkina Faso

Le contexte

Le Burkina Faso est un pays d’Afrique de l’Ouest, qui compte environ 20 millions d’habitants. Le secteur agricole représente plus de 30% du produit intérieur brut (PIB) du pays, et emploie plus de 80% de la population active. Parmi les principales productions agricoles du pays, on trouve le coton, le maïs, le sorgho, le mil, le riz, le niébé, le sésame et le karité.

Le secteur de l’élevage est également important, avec environ 10 millions de têtes de bétail, principalement des bovins, des ovins, des caprins et des volailles. Cependant, la production laitière est faible, et ne couvre que 15% de la consommation nationale. Le reste est importé, principalement de l’Union européenne, sous forme de lait en poudre ou de produits laitiers transformés.

La demande en produits laitiers au Burkina Faso est en constante augmentation, en raison de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’amélioration du pouvoir d’achat et de la diversification des habitudes alimentaires. Selon les estimations, la consommation annuelle de lait par habitant est passée de 8 litres en 2000 à 12 litres en 2018, et devrait atteindre 15 litres en 2025.

Face à ce défi, le gouvernement burkinabè a élaboré une politique nationale de développement de la filière laitière, qui vise à augmenter la production locale, à améliorer la qualité et la sécurité sanitaire du lait, à renforcer les capacités des acteurs de la filière, à promouvoir la consommation de produits laitiers locaux et à réduire la dépendance aux importations.

Le partenariat

Dans ce cadre, le groupe Al Bader, une société qatarie spécialisée dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’industrie et de l’immobilier, a décidé de s’impliquer dans le développement de la filière laitière au Burkina Faso, en s’associant avec la société française Lactalis, le numéro un mondial des produits laitiers, présent dans plus de 200 pays.

Le partenariat entre les deux sociétés a été officialisé le 8 janvier 2024, lors d’une cérémonie à Ouagadougou, en présence du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, du ministre de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo, de l’ambassadeur du Qatar, Abdallah Bin Hamad Al Attiyah, et du directeur général de Lactalis, Emmanuel Besnier.

Le projet, d’un montant de 200 millions de dollars, est financé à hauteur de 70% par le groupe Al Bader, et à hauteur de 30% par la société Lactalis. Il s’inscrit dans le cadre de la coopération Sud-Sud, et témoigne de la solidarité entre le Qatar et le Burkina Faso, deux pays liés par des relations diplomatiques depuis 1973.

Les objectifs

Le projet a pour objectif principal de créer une filière laitière locale, capable de répondre à la demande croissante en produits laitiers du Burkina Faso et de la région. Pour ce faire, le projet se décline en plusieurs axes :

  • La fourniture aux éleveurs burkinabè de 10 000 vaches de race Holstein, originaires du Qatar, réputées pour leur haute productivité laitière, pouvant atteindre 40 litres de lait par jour. Ces vaches seront distribuées gratuitement aux éleveurs, qui devront s’engager à respecter un cahier des charges strict, comprenant des normes de qualité, d’hygiène, de bien-être animal et de respect de l’environnement.
  • La fourniture aux éleveurs de 50 000 tonnes d’aliments pour le bétail par an, composés de maïs, de soja, de luzerne et de compléments minéraux, produits au Qatar et importés par le groupe Al Bader. Ces aliments permettront d’améliorer la nutrition et la santé des vaches, et d’augmenter leur production laitière.
  • La fourniture aux éleveurs d’équipements modernes, tels que des trayeuses mécaniques, des tanks à lait, des réfrigérateurs, des générateurs électriques, des camions-citernes, etc. Ces équipements faciliteront la traite, le stockage et le transport du lait, et réduiront les pertes et les risques de contamination.
  • La formation des éleveurs aux techniques de gestion du troupeau, de production et de conservation du lait, de contrôle de la qualité, de prévention et de traitement des maladies, etc. Ces formations seront dispensées par des experts du groupe Al Bader et de la société Lactalis, ainsi que par des partenaires locaux, tels que les services vétérinaires, les organisations professionnelles, les centres de recherche, les universités, etc.
  • La construction d’une usine de transformation du lait, qui sera située à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Cette usine, dotée d’une capacité de production de 100 000 litres de lait par jour, permettra de fabriquer du yaourt, du fromage et du beurre, sous la marque Lactel, appartenant à la société Lactalis. Ces produits laitiers seront destinés au marché national et régional, et respecteront les normes internationales de qualité et de sécurité alimentaire. L’usine sera équipée de machines modernes, et emploiera environ 500 personnes, qui bénéficieront d’une formation spécifique.

Les impacts

Le projet devrait avoir des impacts positifs à plusieurs niveaux :

  • Sur le plan économique, le projet devrait créer plus de 10 000 emplois directs et indirects, notamment pour les éleveurs, les transporteurs, les transformateurs, les distributeurs, etc. Il devrait également générer des revenus supplémentaires pour les acteurs de la filière, et contribuer à l’augmentation du PIB du pays. En outre, le projet devrait permettre de réduire la facture des importations de produits laitiers, qui s’élève à environ 50 millions de dollars par an, et de favoriser l’exportation de produits laitiers locaux vers les pays voisins.
  • Sur le plan social, le projet devrait améliorer les conditions de vie et de travail des éleveurs, qui bénéficieront de vaches performantes, d’aliments de qualité, d’équipements modernes, de formations techniques, etc. Il devrait également renforcer l’organisation et la structuration de la filière laitière, en créant des coopératives, des associations, des syndicats, etc. Il devrait enfin promouvoir l’inclusion sociale et l’égalité des genres, en impliquant les femmes et les jeunes dans les différentes activités du projet.
  • Sur le plan environnemental, le projet devrait réduire l’empreinte écologique de la production laitière, en adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement, telles que la gestion rationnelle des ressources en eau, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la valorisation des déchets organiques, etc. Il devrait également sensibiliser les éleveurs et les consommateurs aux enjeux du développement durable, et encourager la consommation responsable de produits laitiers locaux.
  • Sur le plan sanitaire, le projet devrait améliorer la qualité et la sécurité du lait et des produits laitiers, en mettant en place des systèmes de contrôle et de traçabilité, en respectant les normes d’hygiène et de salubrité, en prévenant et en traitant les maladies animales, etc. Il devrait également améliorer la santé et la nutrition des populations, en leur offrant des produits laitiers riches en protéines, en calcium, en vitamines, etc.

La conclusion

Le projet de production laitière du groupe Al Bader au Burkina Faso est un exemple de partenariat gagnant-gagnant entre le Qatar et le Burkina Faso, deux pays amis et frères.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *